Vaslav Nijinski

Au hommes / théâtre
Texte français et adaptation de Christian Dumais-Lvowski, en accord avec la Fondation Vaslav et Romola Nijinski
Mise en scène par Pascale Nandillon
Lumières Cyril Desclés
Collaboration artistique Guillaume Bureau, Céline Finidori.
le 30 septembre à 21h00 Théâtre des Bernardines
le 01 et 02 octobre à 20h30 Théâtre des Bernardines

Vaslav Nijinski

Vaslav Nijinski est le fils d'un couple de danseurs polonais et le frère de la danseuse Bronislava Nijinska. Reconnu comme le plus grand danseur de son époque, il fut l'étoile des Ballets russes, et marqua de son interprétation les créations de Shéhérazade, du Spectre de la rose, de Petrouchka et de L'Après-midi d'un faune. Danseur étoile du Théâtre Mariinsky, Nijinski se refuse à porter les hauts-de-chausse réglementaires. C'est ainsi que dans L'Oiseau de feu, en 1911 et malgré une brillante interprétation avec sa partenaire, Tamara Karsavina, il est mis à la porte, son justaucorps court et son maillot moulant considérés comme indécents. Nijinski opère une rupture avec le passé en 1912, avec L'Après-midi d'un faune, d'après Le Prélude à L'après-midi d'un faune de Debussy. Très bon danseur classique, réputé entre autres pour ses bonds magnifiques, il crée cette pièce avec un seul petit bond, des déplacements latéraux, corps cassé, sans repères, dans un mouvement unique, sans thèmes ni accents marquant le tempo. Avec Le Sacre du printemps, il décortique les positions classiques : les danseurs ont les pieds rentrés et les genoux pliés. Le moderne s'impose en pleine tradition du ballet russe.  Nijinski est aussi l'auteur d'un système de notation de la danse qu'il inventa pour son usage personnel. Grâce aux recherches de spécialistes, on a pu reconstituer fidèlement certaines de ses chorégraphies, dont L'Après-midi d'un faune et une partie du Sacre du printemps.
Il épouse Romola de Pulszky en 1913, alors qu'il est l'amant de Serge de Diaghilev. En 1918 il sombre dans une folie mégalomane et mystique et perd la totalité de ses moyens. Il se retire en Suisse jusqu'à son décès en 1950.

Les Cahiers, "rédigés au cours de l’hiver 1918-1919, alors que Vaslav Nijinski résidait en Suisse avec sa femme Romola et leur fille Kyra, se présentent comme le témoignage bouleversant d’une vie de création faite de gloire et de souffrances. Alors âgé de vingt-neuf ans, sur le point de sombrer dans la folie, l’artiste évoque sa douleur de vivre et relate sa quête humaine et spirituelle à travers son art et dans sa vie quotidienne. Répétitive, obsessionnelle, violente, sa prose, parfois incohérente, s’accorde avec le souhait de son auteur : donner plus à ressentir qu’à comprendre". (extrait de la 4ème de couverture des Cahiers, parus chez Actes Sud).


Extrait de Au Hommes de Vaslav Nijinski 

Extrait de Cahiers, de Vaslav Nijinski (version non expurgée). Actes Sud, 1995.
Traduit du russe par Christian Dumais Lvowski et Galina Pogojeva.

" J'ai envie de pleurer, mais je ne peux pas, car mon âme me fait si mal que j'ai peur pour moi. Je sens de la douleur. Je suis malade de l'âme. Je suis malade de l'âme, et pas de l'esprit. Le Docteur Frankël ne comprend pas ma maladie. Je sais ce dont j'ai besoin pour retrouver la santé. ma maladie est trop grave pour qu'on puisse me guérir rapidement. Je suis incurable. Je suis malade de l'âme. Je suis pauvre. Je suis misérable. Je suis malheureux. Je suis affreux. Je sais que tout le monde souffre en lisant ces lignes, car je sais qu'on me ressentira. Je sais bien ce qu'il me faut. Je suis un homme fort, et pas faible. je ne suis pas malade du corps. Je suis malade de l'âme. Je souffre. Je souffre. Je sais que Kostrovski me ressentira, mais je sais que tout le monde me ressentira. Je suis un homme, et pas une bête. J'aime tout le monde. Moi aussi j'ai des fautes. Je suis un homme et pas Dieu. Je veux être Dieu, c'est pourquoi je travaille sur moi-même. Je veux danser. Je veux dessiner. Je veux jouer du piano. Je veux écrire des vers. Je veux composer des ballets. Je veux aimer tout le monde. C'est mon but dans la vie. (...). Le 27 février 1919."


nijinski vaslav
©D.R.


Textes publiés en France :

  • Journal de Nijinski, Folio-Gallimard, 1991. 
  • Cahiers, Actes Sud-Babel, 1995. Traduit du russe par Christian Dumais Lvowski et Galina Pogojeva.