Tre Studi per una crocifissione

Théâtre Spectacle
Conception, mise en scène et interprétation Danio Manfredini
Création lumières Lucia Manghi / Technicien lumières Davide Cavandoli
Collaborations au projet : Andrea Mazza, Luisella Del Mar, Lucia Manghi, Vincenzo Del Prete
Production Compagnie Danio Manfredini - Milan

Surtitrages traduit de l'italien par Diletta Corini

le 11 octobre à 20h30 Théâtre du Gymnase

90’

Avec Danio Manfredini


La peinture est une référence essentielle dans le travail de Danio Manfredini. Ainsi en est-il dans ces Tre studi per una crocifissione dédiées jusqu’au titre à Francis Bacon. Comme Bacon peint trois sujets aux prises avec les conditions dramatiques de leur temps, Manfredini écrit et raconte à la première personne trois parcours individuels, courts monologues, histoires de diversité, de marginalité et de défaites. Nous sommes cependant loin de l’isolement absolu et de la rage du cri qui explosent dans les oeuvres du peintre anglais parce que les personnages de Tre studi per una crocifissione transforment immédiatement leur solitude en une urgente demande d’affection et de contact. Ce qu’il y a de métaphysique dans l’angoisse de Bacon se résout ici dans le sentiment, dans l’espérance d’une caresse, et peut-être le délire d’une passion...

Trois études pour une crucifixion


 

Photo © Agnes Dorkin.


Extrait de Tre studi per una crocifissione de Danio Manfredini

Texte français de Diletta Corini

C’est dans le milieu des bouchers que j’ai connu Anton Saitz, je le regardais bizarrement, il m’a demandé pourquoi, je lui ai dit que je l’aimais, il 
m’a dit : « Toi aussi tu me plairais si tu étais une femme, et alors je suis allé à Casablanca et je me suis tout fait couper là-dessous. 
Quand je suis revenue, Anton s’est mis à rire : un truc de fou, un jour il y avait un garçon qui s’appelait Erwin et puis il est allé à Casablanca et il s’est fait couper la queue, il m’a poussée à la ruine, mais au bout du compte il ne m’avait rien promis. Je n’avais même pas une vraie raison pour le faire. Je n’étais même pas pédé quand je suis allée à Casablanca, et pour cela les premiers temps ont été très durs, je devais continuer à vivre, avec tout le monde qui me pelotait dans les bars où j’étais entraîneuse, qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? 
Maman, j’ai essayé de trouver un poste avec mon métier, je veux dire en tant que boucher, mais ils se sont moqués de moi quand je suis allée leur demander, ils ont regardé mes seins, ils se sont foutus de moi, ils m’ont virée comme si j’avais eu la gale... 



Co-réalisation avec le théâtre du Gymnase.

Avec le soutien de l’Institut Culturel Italien de Marseille.

Production Compagnie Danio Manfredini - Milan.


réservation au 04 91 37 30 27