Thomas Clerc
Après Maurice Sachs le désœuvré en 2005, puis Paris, musée du XXIe siècle, Le 10e arrondissement en 2007, Thomas Clerc publie L’homme qui tua Roland Barthes. Un recueil de dix huit nouvelles, pour autant d'histoires de crimes écrit avec une grande virtuosité. A chaque crime équivaut un style et un mode d'exécution littéraire. On passe de la traduction automatique via internet, à une mise en scène schizophrénique ou « à la manière de »... et entre autres. Côté victimes, Roland Barthes, Pasolini, Versace ou Edouard Levé apparaissent dans ce recueil drôle souvent et parfaitement maîtrisé. Avec Nouit, autre ouvrage paru récemment, Thomas Clerc a répondu à une proposition du FRAC Aquitaine et des éditions Mix d’écrire un texte à partir d'une oeuvre du FRAC. Il a alors choisi une photographie de Jeff Wall, No (1983), une scène nocturne et urbaine, qui donne lieu à une alternance de points de vue. Les fantasmes de chaque protagoniste les renvoient à leur propre solitude, à un rapport au monde et à l'autre, souvent conditionné par la peur et les apparences, qui s'inscrit en permanence dans l'empêchement. Sans jamais perdre de vue la scène originelle, Thomas Clerc parvient à s'en détacher et à créer un espace fictionnel étonnant.
Photo © C. Hélie Gallimard