Par le Boudu

Avec Bonaventure Gacon / Régie lumière Nicolas Cautain / Précieux coup d'oeil de Martine Cendre / Coproduction Le Prato, théâtre international de quartier (Lille)


Spectacle pour adulte

Le Boudu est un dessin d'enfant : un personnage rond, aux bras et jambes bâtons, étonné et colérique, phrase saccadées, onomatopées puis fleuve, il gigote et trafique, s'énerve. Un personnage méchant. Sa méchanceté n'est qu'une illusion dans cette caverne aux vérités brutes. Il a un peu mal au cœur, trop bu… sans doute le foie, les petites bières ou peut-être le cœur lui même, son pauvre cœur d’ogre, ou bien cette satanée rouille qui inexorablement agit sur toutes choses, sur les poêles, les cœurs et le reste… Enfin, il faut bien se remettre au boulot, aller voir les bons petits gars et les petites filles, siroter quelques verres, regarder les couchers de soleil, se faire des petits gueuletons et puis être méchant du mieux qu’on peut.
On l'aime, cet ogre attachant et effrayant. A grands éclats de rire, il nous débarrasse de de nos peurs et de nos désirs inavouables. Bonaventure Gacon met son talent d'acteur et sa maîtrise de l'acrobatie au service d'un texte fin et drôle.

à côté d'actOral...

Bonaventure Gacon au théâtre Massalia
Du 16 au 28 février dans Les Clowns de la compagnie L’entreprise
et du 5 au 14 mars dans Volchok du Cirque Trottola
Renseignements au 04 95 04 95 70


Au détour de la presse...

L’EXPRESS – 06/12/2001

PAR LE BOUDU

" Le clown campé par Bonaventure Gacon est atypique. Il est seul, triste, ivre, sale et méchant. Il écrit des poèmes, fait du patin à roulettes, regarde les couchers de soleil et maltraite les petites filles. Il les mange même. Par ennui et par affection. Ce bonhomme, un rien désinvolte, n’a pourtant rien d’un ogre effrayant et sanguinaire. Les bons sentiments l’assaillent autant que la faim. Pour son premier solo, Bonaventure Gacon (remarqué dans le spectacle du CNAC C’est pour toi que je fais ça !) fait preuve d’une exceptionnelle maturité. Aussi bon comédien qu’acrobate, aussi juste que généreux à provoquer les rires. Son Boudu a déjà sa place auprès des grands clowns de l’histoire du cirque." Thierry Voisin


TÉLÉRAMA – 13/11/2002

" LE GRAND MECHANT CLOWN
Bonaventure Gacon joue un Auguste loqueteux et provoquant

Le Boudu est une épave. Un clown méchant et qui le revendique. Mais c’est en endossant toute l’horreur du monde que le personnage de Bonaventure Gacon libère le rire.
Gueule tordue, barbe foisonnante, le Boudu entre en scène, dépenaillé, fourbu, plus instable qu’une coquille de noix dans la tempête. Regardez un peu ses grands yeux lunaires, la misérable calotte de feutre gris qu’il porte sur la tête, sa souquenille, ses basques, ses pantoufles et son nez rouges. Vous l’avez compris, le Boudu est un clown qui s’appelle le Boudu. Pas un de ces clowns blancs, tyranniques et vaniteux, mais un Auguste un pauvre type, une épave. A grand peine, il s’approche d’une table de bois cent fois sauvée de la décharge publique, cent fois rafistolée. Va-t-il enfin parler ? Finalement oui, il parle. Ses mots sont pleins de trous, de vent et de honte : « C’est moi qui suis là ! (long silence), Moi, j’suis méchant… (long silence), j’suis méchant (silence) moi ! » Voilà, c’est dit.
Jamais sans doute avant ce Boudu, un Auguste n’aurait osé se risquer sur la piste ou un plateau avec un tel aveu. Il aurait dit à la rigueur : j’suis con, j’suis moche, j’suis nul… Des choses dans ce genre. J’suis méchant, ça non ! Mais il y a pire encore. Cette histoire d’une petite fille qu’il prétend avoir enfermée dans une grotte : « Elle appelle un petit peu sa maman, y fait froid, j’aime ça (long silence) moi… Pi après, j’la bouffe, la fille, c’est moi qu’est l’méchant ! » Avec cette entrée en piste pas très ordinaire, le Boudu vient de se débarrasser du plus âpre, du plus cru de son personnage. Il l’a jeté comme on jette un sort ou comme on lance un défi. Après ça, est-ce que vous m’aimerez quand même ? S’il ne le dit pas, tout son personnage l’implore.
Fils dégénéré d’un autre Boudu, celui qu’incarna pour Jean Renoir, en 1932, un certain Michel Simon, notre Boudu exécute à merveille et sans cynisme son travail de clown. La raison ? Elle est assez facile à comprendre. Le Boudu est un bouc émissaire. Nos horreurs, nos erreurs, nos grandeurs, tout, il porte absolument tout sur ses larges épaules. En nous débarrassant du pire, il nous rend le meilleur de nous-même : le rire. Peut-être qu’un clown, ce n’est pas plus compliqué que ça.
Bonaventure Gacon est l’homme qui se cache derrière le Boudu. Un garçon simple et pacifique de 27 ans, aux allures paysannes ou bûcheronnes, mi-bouguignon, mi-franc-comtois. Du Boudu, il dit simplement qu’il lui a échappé, qu’il en a peur, parfois. « Enfant déjà, j’aimais parler avec les clochards. Plus ils étaient bourrus, plus ils m’attiraient ! » Ancien élève du Cnac (Centre National des Arts du Cirque), Bonaventure Gacon est de toutes les ruptures, de toutes les audaces. Un jour, on le voit avec le metteur en scène Guy Alloucherie. Le lendemain, avec le Cirque Désaccordé. Le surlendemain, avec les Plume. Plus tard encore, avec le Cirque Trottola, dont il est l’un des fondateurs. C’est comme ça, il ne peut pas s ‘empêcher. Il dit qu’il aime aller « trifouiller » dans la souffrance des hommes. Faut-il s’étonner qu’il ait choisi d’enfiler la défroque d’un Auguste ? « Normal, conclut-il, c’est lui qui en chie le plus dans la vie !» ." Daniel Conrod


© Denis Grégoire




En partenariat avec le CREAC de Marseille (Centre de Recherche Européen des Arts du Cirque) / Avec le soutien de la SACD.

Remerciements à Gilles Defacque (Le Prato), Le Colibri (Avignon).

à côté d'actOral.8

Bonaventure Gacon au théâtre Massalia
Du 16 au 28 février dans Les Clowns de la compagnie L’entreprise
et du 5 au 14 mars dans Volchok du Cirque Trottola
Renseignements au 04 95 04 95 70


réservation au 04 91 37 14 04