Pierre Albert Birot - poète et typographe (SIC)
exposition lecture-intervention
de Pierre Albert Birot
le 02 octobre à 18h30 • CipM - Centre International de Poésie Marseille
60’
Depuis quelques années, le cipM s’associe au festival actOral en présentant une personne emblématique du croisement des écritures et des arts, choisie parmi les avant-garde du xxe siècle. Ainsi, après – en 2007 – Henri Chopin, pionnier de la poésie sonore, éditeur de la revue OU, cinéaste expérimental et artiste ; puis Gil J Wolman, le poète des mégapneumes, le cinéaste de L’Anticoncept, l’éditeur des éditions inconnues, ce sera pour cette année 2009 le poète Pierre Albert-Birot, l’éditeur de la revue (SIC), le poète-typographe, l’auteur du légendaire Grabinoulor.
Vernissage de l'exposition consacrée à Pierre Albert-Birôt le vendredi 2 octobre 2009, à 18h30
suivi d'interventions et de lectures avec Isabelle Krzywkowski, Arlette Albert-Birôt, Frédéric Acquaviva
et de la diffusion d'inédits sonores de Pierre Albert-Birôt (Larountala [extrait] lu par Arlette Albert-Birot / Genres lu par Pierre Albert-Birot / Grabinoulor par Frédéric Acquaviva, avec les voix de Arlete Albert-Birot, Monique Dorsel, Irène Omelianenko, Cozette de Charmoy, et Thierry Houry, Jean-Michel Place, Patrick Beurard-Valdoye, Jean-Luc Parant et Joël Hubaut) ; diffusion d’inédits visuels, Rushes Albert-Birot par Arlette Albert-Birot
Ouvert du mardi au samedi (12:00-19:00)
Pierre Albert-Birot
Au départ peintre et sculpteur, Pierre Albert-Birot fonde en 1916 la revue SIC (Sons, Idées, Couleurs), qui se veut le creuset des avant-gardes littéraires et artistiques. Jusqu'en décembre 1919, la revue comptera parmi ses collaborateurs Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, Max Jacob, Pierre Reverdy, Philippe Soupault, Tristan Tzara, Severini... À partir de 1918, Albert-Birot se consacre uniquement à l'écriture. En 1933, paraît le roman Grabinoulor que son éditeur Robert Denoël n'hésite pas à présenter comme "un classique du surréalisme", alors qu'Albert-Birot n'a jamais fait partie du groupe, ni signé aucun manifeste et jamais participé à aucune des manifestations. Le seul apport effectif au surréalisme fût de suggérer à Apollinaire de sous-titrer sa pièce Les Mamelles de Tirésias, "drame surréaliste" plutôt que "surnaturaliste". Albert-Birot laisse une œuvre très abondante rééditée par Rougerie (poésie, théâtre), Jean-Michel Place (prose) et Gallimard (dans la collection Poésie). Sa pièce majeure est l'épopée burlesque des six livres de Grabinoulor, somme écrite sur cinquante ans et achevée vers 1963, pour n'être publiée qu'en 1991 chez Jean-Michel Place, avec une réédition en 2007. La même année sont publiés huit des vingt-sept chapitres d'un autre de ses ouvrages, Mon ami Chronos, texte inédit écrit en 1935, dans lequel l'auteur disserte sur le Temps.
Isabelle Krzywkowski
Isabelle Krzywkowski enseigne la littérature comparée à l’université Stendhal-Grenoble 3. Depuis plusieurs années, elle a orienté ses recherches vers les avant-gardes historiques et les relations de la littérature, des arts et des technologies, autour de la question plus générale des littératures expérimentales. Elle a publié Le Temps et l’Espace sont morts hier. Les Années 1910-1920. Poésie et poétique de la première avant-garde, L’Improviste, 2006, et coordonné Expressionnisme(s) et avant-gardes, L’Improviste, 2007. Machines à écrire. Littérature et technologies du XIXe au XXIe siècle est pour paraître aux Presses Universitaires de Grenoble.
Arlette Albert-Birôt
Arlette Albert-Birot a enseigné la poésie moderne et contemporaine à l’École normale supérieure. Domaines de recherches : les avant-gardes historiques, les poètes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les poètes contemporains. Direction de plusieurs colloques à Cerisy, nombreux articles consacrés aux poètes contemporains, de Pierre Albert-Birot à Serge Pey, en passant par Pierre Reverdy, Claude Cahun, Jean Follain, Jacques Maret, Michel Seuphor, Georges-Emmanuel Clancier et quelques autres. Éditeur de l’oeuvre de Pierre Albert-Birot. Présidente depuis sa fondation en 1981, de l’Association CIRCÉ, organisatrice du Marché de la Poésie.
Frédéric Acquaviva
Né en 1967, Frédéric Acquaviva est compositeur de musique expérimentale (& installations sonores, chronopolyphoniques). Il travaille notamment avec Pierre Guyotat, FJ Ossang et Isidore Isou. Ses disques sont édités par Al Dante. Diffusions au Palais de Tokyo, Centre Georges Pompidou, Les Voûtes, Galerie Lara Vincy, Galerie Incognito, Archives, Librairie Mazarine, Musée des Beaux Arts de Nantes, Théâtre Poème (Bruxelles), Galerie Peccolo (Livourne)... Orchestre les symphonies de Isidore Isou et Maurice Lemaître, écrit des monographies sur Jacques Spacagna et Bernard Heidsieck (Editions Conz, Vérone), monte des expositions sur Isidore Isou, Henri Chopin, Gil J Wolman et crée 8 radio phonies autour de ces mêmes auteurs ainsi que sur Pierre Albert- Birot, Marcel Hanoun et Otto Muehl. Dirige une collection aux éditions Derrière la Salle de Bains.
" Si la mort rend explicite – jusqu’au contresens –, pardonnable, toute velléité avantgardiste pour le profane (le Mongol Fier aurait dit François Dufrêne), il convient aussi de rester alerte à l’écoute des originalités présentes. Naturellement, je n’ai pu connaître PAB, étant né l’année de sa mort, mais une plongée progressive dans cette œuvre complexe et emblématique de ce qui m’excite, n’a cessé de faire croître en moi le virus pabien (on annonce une pandémie !). Il est vrai qu’Arlette Albert-Birot sidère totalement par la science distillée à dose homéopathique (+ syntaxe redoutable), répondant à l’exacte demande du patient en lui donnant absolument envie de s’affronter avec cette montagne à l’aspect accueillant mais dans laquelle on se perd d’emblée : PAB. Du théâtre à la poésie en passant par la prose, les revues, la peinture, les sculptures, jadis néo-classiques, le lendemain plus avant-gardistes que les avant-gardistes. Louchant vers l’Antiquité, travaillant chez un antiquaire en Zelig restaurateur de croûtes afin de la gagner. Comme son personnage de Grabinoulor, PAB est partout à la fois, il est son affirmation, sa négation, jusqu’au vertige."
[...] Frédéric Acquaviva, "Pandémie", in le ' ' ' Cahier du Refuge ' ' ' 183, octobre 2009
Pour consulter des extraits sonores et vidéos
En partenariat avec le cipM.
© Claude Cahun