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Pierre Alferi & Carla Demierre

Les Jumelles / Ma mère est humoriste

Le 2 octobre à 20h00
Le 2  octobre à 20h00

Montévidéo

Durée estimée : 1h

8€

Réalisation : Jacques Taroni

« L’écriture de Pierre Alferi est une ballade dans l’univers des signes. Ceux-là même qui délimitent notre univers, qui surabondent à tel point qu’ils finissent par se vider de leur sens, par ne plus rien représenter. Pour Pierre Alferi, il ne s’agit pas de se mettre en retrait de ce territoire, mais au contraire de s’y plonger, et de parvenir à trouver la possibilité d’inventer de nouveaux espaces de perception, de remettre de la chair dans cette vacuité. Ainsi, il explore différentes disciplines, différents médiums, tels l’écriture et la vidéo, dont il se réapproprie les modèles. Ce que l’on retrouve dans Les jumelles, roman entre fable et conte philosophique, placé sous les auspices d’Auguste Blanqui, éternel insurgé qui participa aux trois révolutions du XIXème siècle. Le héros, Horacio Picq, sorte de double de Blanqui, observe le monde de sa cellule avec une paire de jumelles aux caractéristiques étranges. Et cela sous la surveillance d’une géante, qui pourrait bien être double. Passant des vers à la prose, croisant des dispositifs à même de faire naître des sons et des images, Les Jumelles sont la source d’une poésie qui varie les rythmes en un mouvement de va-et-vient permanent, où se télescopent et s’assemblent divers fragments, propices à des situations inédites et à une méditation sur ce qui nous anime. »
Boris Sagit

Les textes qu’écrit Carla Demierre parlent de beaucoup de choses, mais en parlent toujours à partir d’une réflexion serrée sur ce que c’est qu’écrire. En effet, pour l’auteur de Ma mère est humoriste, écrire c’est avant tout apprendre à s’illusionner un peu moins sur la puissance évocatrice du langage, puisqu’engager un travail d’écriture c’est d’abord se heurter à un " portail lexical électrifié ". Carla Demierre constate qu’il y a « d’un côté une langue et dans son revers, son revers. » Cette affirmation se terminant en mode tautologique n’interdit pas le travail de la métaphore, mais sans en attendre d’autres effets que celui de déplacer sans cesse le sens, de le faire chatoyer un peu, de le déployer pour mieux montrer qu’il ne sera jamais possible de le déplier tout à fait. Digresser pour mieux progresser donc, mais le faire dans le laboratoire de la langue plutôt que du récit. Ce dernier, livré par fragments, n’étant jamais dans ses textes que la concrétion rendue possible, à un moment donné, par un jeu de langue qui la configure pour mieux s’en défaire ensuite.

En partenariat avec le cipM et France Culture (diffusion en direct)

Photo : © Jacques Couzinet

Pierre Alferi & Carla Demierre
Biographie(s) associée(s) : Pierre Alferi
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