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Iñaki Bonillas & Bertrand Lamarche

Écrit sur du vent

Du 1er au 31 octobre de 15h à 19h
Du 1er  au 10 octobre

La Compagnie

Entrée libre

Vernissage le 1er octobre à partir de 18h00.

Dans chacune des deux œuvres présentées l’espace et le temps sont pliés l’un dans l’autre, et l’utilisation d’appareils mécaniques (platine vynil, appareil photographique argentique) fait retentir une dimension ancestrale, presque métaphysique. Les postures de ces artistes sont minimales et radicales : la précision découpe à vif sur une matière d’émotion. Longtemps après le texte de Freud Wunderblock ("bloc magique"), on peut encore voir ici des tentatives de représentation de l’appareil psychique.
Devant la platine de Bertrand Lamarche en train de lire un disque recouvert d’une fine pellicule de cire, nous sommes spectateurs de la naissance incessante de scories d’écriture qui s’entortillent et sont aspirés dans le cosmos sur un rythme vertigineux. Les signes ne se figent donc jamais, ils sont pris dans un tourbillon.
Iñaki Bonillas a enregistré les vitesses d’obturation proposées par dix appareils photo mécaniques de marques différentes. On passe du 1000e de seconde à la seconde par les fractions plus ou moins régulières 1000-500-250-125-60-30-15-1. Aussitôt, les subtiles variations de sons et de durées des boitiers photographiques sont la métaphore de la tonalité propre à l’esprit, de sa capacité à être éphémère et d’une densité persistante. Si l’abstraction semble maximale (on n’entend que des clics), c’est le corps, et uniquement le corps, qui surplombe et détermine la singularité de l’expérience, sa profondeur.

Exactitude et mystère de l’écriture éphémère. Le furtif, le fugace. Tout est zébré : zigzags imprévisibles d’un chaos. Et tout reste lié à une douceur, à la finesse délicate d’une texture, d’une membrane intérieure. Cette vitesse de la pensée, de l’inscription psychique, c’est ce qui touche le devenir et la mouvance la plus vaste du monde. Le temps ancestral, le temps futur. "Psychic clic". Obturateurs de l’esprit au grand air. La spirale des signes s’ouvre et se ferme en même temps, dans les deux sens. C’est le battement de l’inconscient. On est pris dedans. Double vertige.

En partenariat avec Actoral et Riam

Photo : © Inaki Bonillas