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Daniel Foucard

Antilecture

Le 12 octobre à 19h00
Le 12  octobre à 19h00

Montévidéo

Durée estimée : 20min

3€ / Entrée libre

« Effectivement, je ne lis pas. On pourrait même appeler ça une anti-lecture.
Lorsqu’on m’a demandé de lire pour la première fois, je venais d’assister à quelques lectures telles qu’elles se pratiquent habituellement : quelqu’un derrière un micro, avec son livre... et - je ne sais pas si ça vient de ma culture de l’image et de l’information - je n’ai pas compris l’intérêt qu’il pouvait y avoir à voir un auteur lire son livre devant un public. Qu’est-ce que ça apporte de plus ? Qu’est-ce qu’on admire à ce moment là ? La voix ? L’auteur ? C’est plus que ça, on admire l’auteur + sa voix + son livre entre ses mains. Bref, ça produit de l’image. Or quand on me demande de produire de l’image, je fais vraiment de l’image. Pas de l’écrit. Ainsi, lors de ma première lecture, je me suis tapé sur les cuisses, j’ai énuméré des listes de drogues... on m’a évidemment demandé "c’est ce que tu as écrit ?" Bien sûr que non, même s’il existe un rapport d’affinité indéniable. Il est important de se débarrasser de la posture littéraire. Pour moi, une écriture n’a pas de corps. En tout cas, certainement pas le corps de son auteur. Elle a son corps propre. Je considère donc ce mode d’exposition avec désinvolture. Je dors sur scène, histoire de dire au public : "vous voulez voir un corps, en voilà un inerte", je diffuse une vidéo, et à la fin, on entend une pseudo-correspondance enregistrée me donnant l’occasion d’affirmer que la lecture publique est une mutation de l’écrit vers le spectacle.
L’antilecture est une gageure. Premièrement parce que les lectures produisent du texte.
Deuxièmement parce que les lectures permettent aux auteurs de montrer leur corps, leur voix, leurs images, leurs sons, d’entrer en scène et de se faire applaudir.
Troisièmement parce qu’elles représentent la plus conséquente des ressources financières pour les auteurs barjes.
Passons, l’écriture reste du code, rien que du code. La lecture c’est une scène, rien qu’un scène.
 »
Daniel Foucard, extrait d’entretien

Photo : © Thierry Rateau

Daniel Foucard
Biographie(s) associée(s) : Daniel Foucard