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Pascale Nandillon

Au Hommes

Le 30 septembre à 21h00, les 1er & 2 octobre à 20h30
Du 30 septembre  au 2 octobre

Théâtre des Bernardines

Durée : 1h30

12€ / 8€

Texte français et adaptation de : Christian Dumais-Lvowski, en accord avec la Fondation Vaslav et Romola Nijinski // Mise en scène : Pascale Nandillon // Lumières : Cyril Desclés // Collaboration artistique : Guillaume Bureau, Céline Finidori // Avec : Elie Baissat, Ghislain de Fonclare, Sophie Pernette, Jean-Christophe Vermot-Gauchy

Le 19 janvier 1919, lors de sa dernière représentation, Nijinski reste un très long moment, immobile sur une chaise, devant le public, avant d’entrer dans une danse évoquant l’agonie des soldats dans les tranchées. Après cette ultime apparition, il rentre chez lui, se met à sa table et écrit les quatre cahiers, d’une traite en trois mois. En pleine migration vers le « pays de la folie », Nijinski écrit. Il ne dansera plus.
L’adaptation faite de ces cahiers veut rendre compte de cette extraordinaire condensation de l’écriture où l’auteur veut tout dire dans un temps très court, elle retrace le parcours incandescent de l’étoile Nijinski qui finit de se consumer : Je veux tout dire, tout. Je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas quoi taire. Je veux dire dire je veux écrire et dormir j’écris écris écris. Tu écris écris.
Dans le récit de ses promenades apparaît une équivalence entre la marche et l’écriture comme si Nijinski marchait dans sa prose, moments charnières où l’écriture prend le relais du corps.
Les poèmes sont comme des appels réguliers au sommeil, à la berceuse. Leur langue est tendue entre les sonorités de l’enfance, sa langue maternelle, le russe, et l’inventivité, l’énonciation folle, proche de celle du schizophrène.
Le refrain tu te tu le lemps passera je ne suis je que un homme homme un home pourrait être la musique de sa dernière danse, son équivalent …une implosion du corps.
Quatre acteurs, trois hommes et une femme sont à eux tous Nijinski, la femme de Nijinski, son médecin, Diaghilev mais aussi une poule, un chat-femme ou encore un arbre, un corps, une voix proliférante qui déjoue l’identification à la figure de Nijinski.
Nous cherchons à restituer ce passage du mouvement du corps à celui de l’écriture en travaillant au plateau cet état d’être au bord… du mot, du geste, du saut, de la chute, de l’endormissent, du cri du « devenir toujours quelque chose pour ne jamais troquer la vie contre la mort ».
Il s’agira encore de faire entendre les mots de Nijinski comme des oiseaux échappés … de la phrase de la vie.

Extrait
J’ai envie de pleurer, mais je ne peux pas, car mon âme me fait si mal que j’ai peur pour moi. Je sens de la douleur. Je suis malade de l’âme. Je suis malade de l’âme, et pas de l’esprit. Le Docteur Frankël ne comprend pas ma maladie. Je sais ce dont j’ai besoin pour retrouver la santé. Ma maladie est trop grave pour qu’on puisse me guérir rapidement. Je suis incurable. Je suis malade de l’âme. Je suis pauvre. Je suis misérable. Je suis malheureux. Je suis affreux. Je sais que tout le monde souffre en lisant ces lignes, car je sais qu’on me ressentira. Je sais bien ce qu’il me faut. Je suis un homme fort, et pas faible. je ne suis pas malade du corps. Je suis malade de l’âme. Je souffre. Je souffre. Je sais que Kostrovski me ressentira, mais je sais que tout le monde me ressentira. Je suis un homme, et pas une bête. J’aime tout le monde. Moi aussi j’ai des fautes. Je suis un homme et pas Dieu. Je veux être Dieu, c’est pourquoi je travaille sur moi-même. Je veux danser. Je veux dessiner. Je veux jouer du piano. Je veux écrire des vers. Je veux composer des ballets. Je veux aimer tout le monde. C’est mon but dans la vie. (...). Le 27 février 1919.

Co-réalisation avec le Théâtre des Bernardines.
Production : atelier hors champ.
Partenaires : Ramdam (Lyon), L’Échangeur (Bagnolet), La Fonderie (Le Mans), Anis Gras (Arcueil) / avec le soutien de la Ville de Montreuil.
Remerciements : Le Théâtre de Gennevilliers - Patrick Portella - Josefina Rodriguez.

Photo : © Frédéric Tétart

Pascale Nandillon
Biographie(s) associée(s) : Pascale Nandillon