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Yan Duyvendak & Omar Ghayatt

Made in Paradise

Le 15 septembre à 20h45
Le 15  octobre à 20h45

Théâtre National de La Colline

Durée : 1h30

5€

Texte : Yan Duyvendak & Omar Ghayatt // Dramaturgie : Nicole Borgeat // Scénographie en collaboration avec : Sylvie Kleiber // Conception graphique : Nicolas Robel, B.u.L.b. grafix // Interprète : Adnane Mouhejja

Pour sa nouvelle création intitulée Made in Paradise, Yan Duyvendak renouvelle son association avec Nicole Borgeat et commence une nouvelle collaboration avec Omar Ghayatt. Ensemble, ils s’attaquent à un phénomène social, politique et médiatique qui alimente quotidiennement l’actualité : la peur de l’Islam. Ce constat de la psychose, de la peur de l’altérité soulève des questions qui en cherchent les origines : au fond, qui et comment sont les Musulmans sans le filtre subjectif et orienté des médias ? Comment les Musulmans nous perçoivent-ils, nous, occidentaux ? Cultivent-ils les mêmes jugements stéréotypés ? Est-ce qu’ils nous voient tels que nous sommes ? Ou tels que leurs médias nous décrivent ? Et d’ailleurs, comment les médias nous présentent-ils, là-bas, dans cette écriture qui nous échappe ? Qui a raison ou tort ? Pour tenter d’échapper aux considérations hâtives, distanciées et fantasmées, il fallait y aller, voir de plus près, zoomer en quelque sorte. Se forger sa propre vision, aussi subjective et anecdotique soit-elle. Regarder l’autre, non pas de l’extérieur et de loin, mais chercher à établir une forme de proximité pour ressentir. Prendre le risque de transformer son regard. Pour ne plus dire Islam contre Occident, mais pour réfléchir sur cette dichotomie de manière singulière et spécifique. Dans Profession : reporter d’Antonioni, le personnage principal, reporter de son état, filme quelque part en Afrique noire, un homme noir adossé à un arbre desséché. Protégé par sa caméra, il lui pose une question mais l’indigène répond : « Vos questions en disent beaucoup plus long sur vous que mes réponses ne pourraient jamais en dire sur moi » avant de s’emparer de la caméra et de la tourner vers le journaliste décontenancé. C’est à ce mouvement que se sont intéressés Yan Duyvendak et son équipe.

« Est-ce que, sans être des spécialistes, on a droit à un sujet pareil ?
Est-ce qu’on peut le traiter sans ce que ça fasse boum ?
Est-ce qu’on peut le traiter sans risquer de ne plus pouvoir sortir de chez soi ?
Est-ce que qu’on peut aller voir ce spectacle, le programmer, sans risquer quoi que ce soit ?
Est-ce qu’on peut sortir du discours dominant qui suppure la peur ?
Est-ce qu’on a le droit de parler de « l’Autre » ou est-il seul habilité à le faire ?
Est-ce que ça intéresse quelqu’un ?
Est-ce qu’on ose se frotter à un sujet qui évoque plus la chaire de la sociologie que l’art ?
Ce sont de vraies questions.
Que nous nous sommes vraiment posées.
Mais – et ce sont là, pour le coup, des questions rhétoriques –
l’art n’est-il pas le lieu d’appréhension de l’autre ?
Et n’est-il pas nécessaire de sortir cette thématique
des seuls champs du politique et du religieux ?
Et quand la réalité de cet Autre est complexe,
la performance – dans ses multiples et ses possibles,
n’est-elle pas le champ idéal pour tenter de l’appréhender ?
 »
Yan Duyvendak & Omar Ghayatt

Coproduction : Théâtre de l’Arsenic, Lausanne, Dampfzentrale, Berne,Grü, Genève.
Co-réalisation : FRAC Alsace, montévidéo - Marseille.
Avec le soutien du Fonds municipal d’art contemporain Genève, la Loterie Romande, Pro Helvetia liaison Office Cairo, Pro-Helvetia fondation suisse pour la Culture Zurich, Valiart Bern.

Photo : © Magda Stanova

Yan Duyvendak & Omar Ghayatt
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