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Hubert Colas & Rainald Goetz

Jeff Koons

Du 1er au 3 octobre de 15h à 19h
Du 1er  au 3 octobre

Montévidéo

Entrée libre

Texte : Rainald Goetz / Mise en scène : Hubert Colas // Avec : Guillaume Allardi, Geoffrey Carey, Edith Mérieau, Isabelle Mouchard, Thierry Raynaud, Frédéric Schulz-Richard... // Traduit de l’allemand par : Mathieu Bertholet, avec la collaboration de Christine Seghezzi // Lumières : Encaustic // Réalisation : Marguerite Gateau // Bruitage : Sophie Bissantz

Diffusion en continu de 15h à 19h

Jeff Koons de Rainald Goetz // Diffusion de pièce radiophonique mis en onde par Hubert Colas

Le texte s’inspire de la figure de Jeff Koons, artiste maudit par la critique et adoré par les collectionneurs, comme point de départ de la tentative d’une littérature qui est un nouveau regard sur la "chose pop”.

« Jeff Koons questionne “l’être artiste”, à la fois le plasticien, mais aussi l’écrivain Rainald Goetz : quelle perception, quel état de vie, comment le monde se vit quand on est artiste, quelles sont les appréhensions, les inspirations de l’œuvre, comment d’un seul coup une banalité du quotidien fait œuvre ?
Petit à petit il révèle le parcours de l’acteur, le dépassement, la fulgurance de l’artiste à l’intérieur de l’écrit. Il révèle comment Rainald Goetz s’inscrit lui-même dans son propre parcours au sein de l’écriture. Il révèle un corps qui se fait au travers de plusieurs identifications : le corps de l’artiste malgré tout.
Jeff Koons est une pièce extrêmement déstructurée dans sa narration, à la fois temporelle et spatiale. Elle interroge la scène, la restructuration du plateau, le re-positionnement de l’acteur. Rien n’est nommé dans le partage de la parole. C’est une sorte de grand choryphée permanent qui concourt d’un seul coup à peindre par la langue le milieu réservé de l’art contemporain stigmatisé par l’artiste Jeff Koons.
 »
Hubert Colas

Extrait de Jeff Koons, de Rainald Goetz

11.
Le mur

Et il voit devant lui, jamais peint encore, si souvent vu déjà, un tableau de cette relation en mouvement, ombragé, sombre, et pourtant complètement net. Formes de la structure. Une union et un peu de nu. Un œil et un regard. Une pensée avide. Les dents, les lèvres et les couleurs qui s’y rapportent, seules les couleurs pensées, sans mots d’abord, mais les mots qui s’y rapportent déjà pensés en mots. Sensibilité pour relation, la distance et le voulu, reflétés dans un battement de cils, dans le va-t’en de sa main. Le cou comme un Regarde-moi, la fumée, pas rien non plus. Le tressaillement, la fierté, les règles du jeu. Je comprends pas, je comprends. Je ferais, si seulement. Il pourrait. Je ne veux pas, je ne sais pas. Je devrais comme ça, en elle. Un instant, du début, encore une fois concrètement. Le mur avec les ombres, de l’abstrait mélangé. Le mélange très réel, le réel normal. L’acte et le projet, le corps, l’intention. Que voit-on du projet ? Comment se montre l’intention ? Le rythme est rompu, se rompt dans la tête, le sound dérange la réfraction, demande logique et chanson. Le balancement, le rythme, abstrait un : oui, quoi ? Les correspondances, et ces histoires, ça devrait être réalisable, dans un tableau. Et toujours : et après ? Oui c’est ça, exactement. Et puis quoi ? Ça, là, naturellement, puis ça. Il le voit devant lui, exactement.

Lecture radiophonique pour France Culture, au Théâtre National de la Colline le 26 mars 2007.
La soirée a été diffusée sur France Culture le 8 avril 2007 à 14h, dans le cadre d’un cycle de fictions consacré à Rainald Goetz.

Production : Diphtong Cie, Théâtre National de La Colline, France Culture.
Avec le soutien de montévidéo.
En partenariat avec France Culture

Photo : © Jeff Koons

Hubert Colas & Rainald Goetz
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