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Stefano Ricci & Gianni Forte

Wunderkammer Soap #1 Didon

Le 2 octobre, de 18h45 à 23h15
Le 2  octobre à 18h45

Montévidéo

Durée : 25min

5€ / 3€

Dramaturgie : Stefano Ricci & Gianni Forte // Mise en scène : Stefano Ricci // Avec : Giuseppe Sartori // Traduction : Sophie Royère

Wunderkammer, ou Chambre des Merveilles, est une expression allemande, utilisée pour désigner certains lieux privés dans lesquels, à partir du XVIème siècle, les collectionneurs conservaient des ensembles d’objets extraordinaires, pour leurs qualités intrinsèques ou extérieures. Les trafiquants de raretés étaient prêts à s’emparer, quitte à payer des sommes exorbitantes, de choses exceptionnelles, qu’elles fussent issues de la nature ou créées manuellement par le talent humain. Dans wunderkammer soap, court-circuit entre Mythe et Présent, ce ne sont plus les objets qui sont mirabilia, mais une incroyable quantité de morceaux de matériel humain, qui s’exposent et suscitent notre stupeur. Fragments agités, voix parallèles inspirées par l’univers élisabéthain de Christopher Marlowe : encerclées par une dimension aseptisée et consumériste, rangées, cataloguées, disposées comme des ex-voto, dans différentes pièces bourgeoises (salle de bain, cuisine, chambre à coucher, garage, salon, jacuzzi etc...) où les essences de Didon, d’Édouard II, de Tamerlan, d’Héro/Léandre, de Faust – exhibées en actions contemporaines-, se battent en duel avec leurs propres ombres lors d’un rituel quotidien privé dans un espace public, unique univers médian, qui oblige le spectateur, de manière préméditée, à être « témoin » et à remettre en question son rôle de voyeur. Où le coeur de ténèbre des interprètes, mis à nu, palpite à l’unisson avec celui de ceux qui regardent... car au fond, c’est seulement un incident de parcours qui établit qui est le spectateur, et qui est le protagoniste de la tragédie.

Extrait de Wunderkammer soap #1 Didon
didon
(à un client)
qui es-tu, étranger, qui me regardes ainsi ?
(à un autre)
joli Donald, viens donc jouer.
puisse ou non cela plaire à Junon, je t’aime.
(il sourit)
que fais-tu, tu te défends des coups de l’amour ?
bravo, ne livre jamais tout ton cœur à un autre.
Pinkerton. Jason. Goldorakadorable. Enée.
Vronsky. Le Prince Charles de Galles.
quel masque porteras-tu demain pour m’arracher
ce qu’il me reste ?
cents pauvres grammes invendus de bavette d’aloyau.
ventricules stationnant dans un garage d’os.
avariés. Faisandés.
mis à macérer dans les bulles à l’abricot.
(caressant la mousse sur ses bras)
prozac pour reprendre haleine
silencieux d’un pistolet qui ne se décide pas à faire
PAN !

Ce projet est présenté dans le cadre de Face à face – Paroles d’Italie pour les scènes de France

Cette performance est jouée en continu de 18h45 à 23h15.

Coproduction : Festival Internazionale Castel dei Mondi d’Andria et Festival Internazionale Quartieri dell’Arte de Viterbo.
Avec la collaboration de l’Institut culturel italien de Marseille.

Photo : © Lucia Puricelli

Stefano Ricci & Gianni Forte
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