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Alexandra Badea & Marie Brassard & les élèves-acteurs de l’Ensemble 24 de l’ERAC

Dissidences, d’après A abattre

Les 4 et 5 novembre à 20h
Du 4  au 5 novembre

Petite salle, Usine C

Durée : 1h

Texte : d’après À abattre d’Alexandra Badea // Mise en espace : Marie Brassard // Scénographie : Antonin Sorel // Avec les 14 élèves-acteurs de l’ensemble 24 de l’ERAC : Géraud Cayla, Rosalie Comby, Pablo Jupin, Chloé Lasne, Marie Levy, Édith Mailaender, Geoffrey Mandon, Malo Martin, Clémentine Ménard, Séphora Pondi, Alexandre Schorderet, Yitu Tchang, Thibault Villette, Antoine Vincenot

En naviguant sur le site de l’ERAC, j’ai été interpellée par la manière dont le directeur Didier Abadie présente le projet de l’école et considère les étudiants comme des acteurs-artistes-créateurs. Ayant moi-même jadis fréquenté une école où la pulsion de créer était soutenue et applaudie, je crois en la force créatrice des acteurs et actrices et à leur capacité d’invention. En cohérence avec l’énoncé de Didier, j’ai eu envie de proposer un travail à partir des thèmes abordés dans le texte proposé à Actoral par Alexandra Badea, À abattre, une approche qui déborderait sa seule mise en scène en associant les étudiants au processus de création et en les invitant à collaborer à l’élaboration du spectacle selon leurs désirs et la manière dont ils se sentent interpellés par ces thèmes : l’engagement, la résistance, la dissidence et l’activisme, à l’heure où le monde tel que nous le connaissions semble sur le point de s’effondrer et où tout incite l’être humain à céder à la noirceur. Mais la jeunesse est forte et brillante et sa pulsion de vie est à l’image de sa pulsion créatrice. Elle aspire à colorer l’existence grise et à lui donner des formes nouvelles et étonnantes.
Ensemble, en compagnie de l’artiste Antonin Sorel, nous avons cherché, réfléchi, discuté. Nous nous sommes nourris de textes de philosophes, écrivains, polémistes, activistes. Du texte proposé par Alexandra, nous avons choisi certaines scènes et fragments qui nous ont servi de guide et nous avons associé à ceux-ci d’autres textes, des scènes improvisés, des musiques. Des extraits de textes de la Gazette Debout, du journal de la jeune activiste britannique Rachel Corrie, des extraits d’entrevues du jeune anarchiste israélien Jonathan Pollak, de soldats anonymes en terre d’occupation et des textes des toujours jeunes poètes Joxean Artze, Guillaume Apollinaire, Pierre Emmanuel et Louis Aragon. Nous avons choisi de courts extraits des musiques d’Oren Ambarchi, Ben Frost, Charles Cohen, Andy Stott, Brett Naucke, Tino Rossi, Hauntologists, Tim Hecker, Last Ex, Nils Frahm, Cyclobe et des chansons de Brigitte Fontaine, Maxime Leforestier, Mikel Laboa et Armando Trovajoli, qui sont tous, ou ont été à leur manière, des créateurs singuliers, insoumis et ardents.
Ce spectacle est le fruit de notre trop brève rencontre. Le temps nous manque de toutes sortes de façons et ne nous permet pas, entre autres, d’inclure dans cette soirée la lecture du manifeste publié tout récemment dans le quotidien Libération. Il est intitulé Puisque tout est fini, alors tout est permis et signé par le très jeune collectif Catastrophe. Trouvez le, lisez le. Il est lumineux.

Marie Brassard

En partenariat avec l’ERAC
Une production ERAC

Photo : © Olivier Quéro

Alexandra Badea & Marie Brassard & les élèves-acteurs de l’Ensemble 24 de l’ERAC
Biographie(s) associée(s) : Alexandra Badea
Marie Brassard