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Leonor Antunes

Leonor Antunes (née au Portugal en 1972) présente une série de nouvelles sculptures, produites spécialement pour cette exposition, où est placé en premier plan le travail de l’artiste et en toile de fond une œuvre préexistante, ici celle d’Eileen Gray (1878-1976) versant architecture, bien qu’elle soit davantage connue comme designer. Eileen Gray n’a en effet construit que deux villas dans le sud de la France. Il s’agit de la Villa Tempe a Pailla à Castellar achevée en 1934 et la Villa E1027 (1926-1929) à Roquebrune Cap-Martin pour laquelle elle crée quelques meubles d’inspiration rationaliste dont le fauteuil Transat (1925-1930) et la table en tube métallique et verre E1027. Les objets / sculptures, présents dans l’exposition, établissent une relation à des fragments de la villa E1027 que Eileen Gray construisit pour son amant Jean Badovici et que Leonor Antunes a visitée récemment. Les sculptures, aux titres évocateurs comme par exemple Lacquer screen of E.G., The sensation of being outdoors, sont ici à analyser comme des objets qui ont une présence spécifique dans l’espace. Leonor Antunes convoque également le travail de l’artiste Eva Hesse (1936-1970) quant à la manière d’installer ses sculptures. Leonor Antunes s’est déjà intéressée au travail de Eileen Gray lors de l’exposition Dwelling Place à Turin en 2007. L’œuvre d’Eileen Gray est reconsidérée, étudiée au travers de la lecture libre et propre à Leonor Antunes qui, comme pour chaque projet, observe, saisi, retient : une forme, un fragment, un plan. La duplication, l’étude et l’approfondissement sont les préoccupations majeures de l’artiste à travers l’unité de mesure et ses dérivés, « la notion d’échelle, le volume ambiant d’un objet, enfin son rapport à l’homme. » De son travail on retient un intérêt pour l’inventaire, le témoignage, le mode d’emploi, la reconstitution minutieuse d’une fulgurance. Pour Leonor Antunes, dupliquer n’est pas uniquement copier à l’identique - dupliquer c’est faire une copie - c’est reproduire, tirer en plusieurs exemplaires car « original is full of doubts ». Duplicate est d’ailleurs le titre « manifeste » d’un de ses premiers catalogues. La production de duplicata et son étrange éloignement de « l’original » est ici en quelque sorte le sujet de Leonor Antunes. D’une part, parce qu’elle veut éviter d’ajouter de l’information dans le trop plein d’informations que nous recevons et, d’autre part, parce qu’elle se passionne pour les différents contextes et environnements dans lesquels nous vivons, à la manière dont nous traitons les choses. Elle s’intéresse aux systèmes d’architecture et d’urbanisme qui déterminent nos vies, et surtout parce qu’elle a l’intuition que l’observation des détails ouvre une spirale sans fin. Claire Le Restif.

Photo : © DR

Antunes
Projet(s) associé(s) : The surface of a room on which one stands - Actoral.8