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Margret Kreidl

Margret Kreidl est née à Salzbourg en 1964 ; de 1983 à 1996 elle habite à Graz, depuis 1996 à Vienne. Depuis 1989 elle est écrivain indépendante ; elle est auteur de prose, de poésie, de pièces de théâtre (mises en scène entre autres à Graz, Wien, Berlin, München, Zürich, Amsterdam, Tel Aviv) et de pièces radiophoniques. Elle a reçu diverses bourses d’état et plusieurs prix littéraires. Son œuvre comprend entre autres les livres Ich bin eine Königin. Auftritte (1996), In allen Einzelheiten. Katalog (1998) Grinshorn und Wespenmaler. 34 Heimatdramen (2001), Laute Paare. Szenen Bilder Listen (2002), Mitten ins Herz (2005), Eine Schwalbe falten (2009), Einfache Erklärung. Alphabet der Träume (2014).
Elle est un écrivain femme pour qui l’écriture est inséparable d’une quête d’identité féminine et d’un engagement féministe. Son regard sur la réalité est souvent un regard dur, démasquant, un regard scientifique qui analyse les positions, les relations sociales et les pouvoirs avec lucidité. Mais Kreidl, et c’est ce qui importe et ce qui rend ses textes si intéressants, ne dit jamais les résultats de son analyse : elle montre une scène, elle dessine un portrait, elle juxta¬pose des mots sans révéler son point de vue et provoque ainsi la réflexion. Souvent sa production littéraire s’appuie sur une compilation d’éléments textuels provenants des sources les plus diverses. Au cours de la préparation de In allen Einzelheiten. Katalog la préoccupation avec des tableaux peints, notamment des natures mortes du 16e au 20e siècle lui ont, par exemple, inspiré le mot clé "Tisch", masculin en allemand, qu’elle combine avec l’adjectif "weiblich" pour exploiter ensuite cette relation ; sous le titre "Rosen, männlich" les noms (réels !) de différentes roses gagnent (obtiennent) des connotations nouvelles par la juxtaposition de l’adjectif "männlich". Kreidl a un penchant fort pour la liste en tant qu’élément littéraire et des procédés formels – jeux avec l’alphabet, suites vocaliques et jeux avec la rime comme dans son opérette politique. Dans Le bonheur sur la colline, Kreidl crée un morceau de musique vocal dans la montagne, en travaillant avec des formes et des contenus de l’opérette viennoise classique. Le jeu de langage y est poussé à l’extrême.
Astrid Poier-Bernhard

Retrouvez aussi Margret Kreidl dans la revue IF n°42 // www.revue-if.org

Photo : © Lucas Cejpek