Jan Kopp

Dans le cadre du Cycle de programmation, diffusion de midi à minuit.

Réalisateur du film Monstres, 2003

Film, Couleur, son, 22’
Allemagne, Collection FRAC Ile-de-France
Avec Marco Berrettini et Melk Prod.

L'intérêt de Jan Kopp pour l'intervention dans l'espace public inclut un regard critique sur l'espace médiatique. C'est  une véritable appropriation de la fiction que certaines œuvres vidéo de Jan Kopp invitent le spectateur en décodant les éléments. Amoco est un plan-séquence unique et fixe, montrant non sans référence à Edward Hopper, une station service américaine filmée en plongée, de nuit et au ralenti. 


Non-lieu par excellence, site sans qualité où le séjour se doit d'être bref, l'espace est  visuellement confisqué par le halo d'un néon vantant la marque d'un pétrolier américain de sinistre mémoire. Aux non événements que constituent les haltes des véhicules à la pompe, Jan Kopp oppose une bande sonore mixte ou s'entrecroisent des extraits musicaux, des conversations et de simples bruits, tous différents de l'immobilité obsessionnelle du plan. Le montage sonore se substitue à l'absence de montage visuel et induit une narration ouverte et plurielle. 
 
Au-delà d'une réelle dimension contemplative, issue notamment de l'impression d'une dilatation du temps, l'œuvre joue avec nos réflexes de consommateurs d'informations. La frustration produite par leur rareté nous renvoie à la manipulation dont nous sommes l'objet face aux reportages « construits » qui se donnent pour véridiques. L'utilisation du son et de la musique pour dramatiser une image sans sujet (une station service) rappelle notamment les fonds sonores sournoisement introduits au montage dans la transmission des nouvelles, qui donnent aux commentaires des journalistes un écho pathétique.