Julien Prévieux

Julien Prévieux est un artiste plasticien né en 1974 à Grenoble. Son travail est régulièrement exposé dans des centres d’art, galeries et musées en France et à l’étranger. Il a réalisé un certain nombre d’expositions personnelles présentées, entre autres, au RISD Museum of Art de Providence, au Centre Pompidou à Paris, au Frac Basse-Normandie ou à la Blackwood Gallery à Toronto. Il a participé à de multiples expositions collectives au Red Brick Art Museum à Pékin, à la Haus der Kulturen der Welt à Berlin, à DiverseWorks à Houston, à la Biennale de Lyon en 2015 ou encore à la dixième Biennale d’Istanbul. Il a reçu le Prix Marcel Duchamp en 2014. Il a publié les Lettres de non-motivation aux éditions Zones/La Découverte en 2007. Le travail, le management appliqué à tout, le politique et le technologique, l’économie au sens large et ses travers, l’absurdité du système et l’étonnement face à son bon fonctionnement, l’injonction à produire et le fait de produire en disant non, sont au cœur de la démarche de Julien Prévieux. Les projets menés par l’artiste prennent souvent l’apparence de ce qu’ils dénoncent ; ils se fondent, s’approprient puis refusent, zélés mais moqueurs. Ces retournements, souvent contre-productifs, sont proposés comme de nouvelles stratégies de résistance face à une réalité qui conditionne les faits mais aussi les gestes. Julien Prévieux s’intéresse à la gestuelle du monde contemporain. Il propose des dispositifs qui révèlent les mondes technologiques à venir et les traces du biopolitique - c’est à dire la forme d’un pouvoir qui s’exerce dans la vie et dans le corps de ceux qui y sont soumis - et les actions mises en place pour tenter de contrer ce pouvoir. Dans What Shall We Do Next ? (Séquence #2), un film réalisé avec six danseurs à partir de gestes brevetés, Julien Prévieux imagine une chorégraphie commentée en prélevant, sur le site de l’agence américaine de la propriété industrielle, les gestes brevetés par des entreprises. Veritable “archive des gestes à venir”, ce film est l’occasion de s’interroger sur la propriété de nos gestes les plus banals et sur la manière dont nous sommes amenés en permanence à changer le répertoire de nos “techniques du corps”. Il montre de quoi notre avenir corporel pourraît être fait, comme nous bougerons nos mains ou nos yeux dans cinq ou dix ans. Il s’agir dans cette nouvelle performance de poursuivre ces recherches sur les relations entre l’homme et les machines.