• sept VEN 10
  • SAM 11
  • DIM 12
  • LUN 13
  • MAR 14
  • MER 15
  • JEU 16
  • VEN 17
  • SAM 18
  • DIM 19
  • LUN 20
  • MAR 21
  • MER 22
  • JEU 23
  • VEN 24
  • SAM 25
  • DIM 26
  • LUN 27
  • MAR 28
  • MER 29
  • JEU 30
  • oct VEN 01
  • SAM 02
  • DIM 03
  • LUN 04
  • MAR 05
  • MER 06
  • JEU 07
  • VEN 08
  • SAM 09

L'Été l'éternité

Émilie Aussel
Cinéma Le Gyptis

Club Shellac 

L'Été l'éternité de Émilie Aussel
Séance suivie d’une rencontre avec l'équipe, proposée en partenariat avec Montévidéo.

L'Été l'éternité
de Émilie Aussel
(France - 2021 - 1h15)
avec Agathe TALRICH, Marcia FEUGEAS, Matthieu LUCCI, Idir AZOUGLI, Nina VILLANOVA, Antonin TOTOT, Rose TIMBERT, Louis PLUTON, Emmanuel ROL, Safinah MIXTY MIHIDJAY

Sortie nationale le 4 mai

Vivre et aimer du haut de ses 18 ans, plonger dans l’insouciance de l’été, perdre brutalement sa meilleure amie, s’apercevoir que rien ne dure toujours, faire des rencontres déterminantes de celles qui font grandir.

Genèse du film
Après m’être concentrée dans mes premiers courts-métrages sur les émois et les rites adolescents, j’ai senti le besoin dans L’Été l’éternité d’y adjoindre cette violence de la perte à un jeune âge en exposant ce drame fondateur pour Lise et sa bande, confrontées à la disparition brutale et énigmatique de Lola un soir d’été. Elliptique par nature, il s’agit d’un film de sentiments plus que de scénario que j’ai choisi d’écrire avec la romancière Emmanuelle Bayamack-Tam après la lecture de son roman, Si tout n’a pas péri avec mon innocence. Nous partageons un même goût pour l’adolescence, ce qu’elle implique de vitalité comme de gravité, et pour le romanesque de l’intériorité. Nous avons trouvé ensemble ce ton, à la fois doux et âpre, qui nous a conduites à cette question cruciale : Comment survivre à la perte et continuer d’être ensemble sans avoir les mots pour se réconforter ?

 
Lise et ses ami.e.s se croient immortels, invincibles. Avec la disparition de Lola, tout s’écroule et la vulnérabilité affleure. Lise erre dans une Marseille solaire, cherche un sens à ce qui n’en a pas. Ce passage du royaume de l’insouciance adolescente à celui de l’âge adulte, précipité par cet accident qui bouleverse tout, coïncide avec cette prise de conscience de l’éphémère, d’une douloureuse vérité : tout a une fin, rien ne dure. La joie ordinaire, l’intense insouciance du début sont balayées et le film change de rythme, de forme, bascule dans le mystère. J’ai voulu être au plus proche du sentiment de la perte et du vide, de la béance laissée par la disparition d’un proche, en construisant le film sur des ellipses, des ruptures, une multiplicité de voix, en usant de la musique et des silences. De la ballade insouciante de son début, en passant par le requiem central, jusqu’au final où le théâtre se fait catharsis, L’Été l’éternité épouse les états d’âme de Lise jusqu’à ce qu’elle nous quitte grandie, apaisée, bien qu’inconsolée d’une blessure autour de laquelle il lui faudra se construire.
La réinvention du scénario, des personnages, avec les acteurs, dès le casting, a tracé une ligne poreuse entre fiction et documentaire qui permet de créer ce sentiment de proximité. C’est aussi un film de bande et de solitude, d’amitié et d’amour, un film de paysages, de visages, de voix. Ma formation artistique m’a toujours guidée dans cette volonté de faire des films comme des peintures de sentiments, avec ces visages filmés comme des paysages, en cherchant à ce que les paysages eux-mêmes éprouvent à la manière des personnages. Ainsi la mer, le soleil, les lumières méditerranéennes, les gros plans sont essentiels à cette représentation. Le film assume des ruptures, des absences, des hors-champs, pour travailler le vide, l’arrachement, et pour placer son récit à hauteur d’un regard adolescent. Il mêle des registres de parole, triviale en groupe et plus exaltée lors des conversations intimes ou des pensées intérieures qui nourrissent le besoin de se raconter. Demeurent aussi de longs silences où le vent occupe l’espace sonore, où la musique de Postcoïtum prend sa place.

À travers le récit de Lise, il s’agit de poursuivre le portrait intemporel d’une jeunesse et de ses affects : une jeunesse consciente d’elle-même, non dépourvue d’humour et de romantisme. Une jeunesse en quête d’absolu et de communauté émotionnelle, cherchant ici-bas ce quelque chose qui la dépasse. Si L’Été l’éternité reste bien ancré dans une époque, il cherche pourtant quelque chose d’atemporel, de résolument poétique.

Émilie Aussel

 

 

Cinéma - Rencontre

Montevideo

jeu 21 avr 2022 — 19:30


Le Gyptis est le cinéma de la
Friche la Belle de Mai
Il est classé Art & Essai
136, rue Loubon - 13003 Marseille
+33 (0)4 95 04 96 25

>Achetez une place<