« Danseprophétiqueàl’îlebizarre c’est notre arche de Noé à nous signée 23 mars 2024. Un lieu de rassemblement en cas d’urgence. Une sculpture riche et fertile. En dehors du centre. Un rendez-vous, un mouvement, une vision de ce qu’on désire. De comment on veut mourir ou pas. Surtout pas crispé. Comme un cri de joie, recommençons. »
Geneviève Matthieu, note d’intention, mars 2022
L’exposition Danseprophétiqueàl’îlebizarre au Musée d’art de Rouyn-Noranda a été traversée et bouleversée par le décès brutal de Matthieu en février 2025 — par l’absence et la présence, littéralement, et le devoir de construire un sens, malgré tout. Elle puise dans le monde poétique, spirituel et matériel et continue d’alimenter ce que nous appelions, avec Matthieu, notre « arche de Noé », en quête des formes que pourront prendre les nouveaux jours et les jours nouveaux.
Pendant mon séjour à Paris et Marseille, je désire me plonger dans l’écriture poétique et musicale, portée par l’élan de corps et de chant qui habite l’îlebizarre. La mort de Matthieu a bouleversé ma vie, notre art et notre futur. Je retourne là où nous nous sommes aimés vivants pour la dernière fois. Je vais chanter avec les morts, nourrir mes sentences et, surtout, comme un cri de joie, je vais recommencer.
C’est beau la vie, faut pas manquer ça !
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L’œuvre évolutive Danseprophétiqueàl’îlebizarre est en développement depuis 2022 à travers des résidences de recherche et des performances à l’Agora des Arts (Rouyn-Noranda), à L’Annexe-A (Bellecombe), au Musée d’art de Joliette, à la Galerie B-312 (Montréal), à l’Événement PHOS (Matane), à la Fonderie Darling (Montréal) et au festival Performissima du Centre Wallonie-Bruxelles (Paris). Au printemps 2025, elle a fait l’objet d’un premier déploiement dans l’espace et la durée d’une exposition individuelle au Musée d’art de Rouyn-Noranda (MA), avec la collaboration de la commissaire Ji-Yoon Han. À l’automne 2025, l’exposition est présentée en circulation au Musée d’art de Joliette (MAJ).
Chaque présentation de cette œuvre en quête de nouveaux langages appelle ses métamorphoses. L’exposition réinvente le corps de l’œuvre : sifflets, silhouettes, escaliers, poésie, musique, incantation, objets trouvés et objets accumulés, accessoires de scène et d’entraînement physique, emballages, livres, amulettes, chandeliers, un Fantôme et un Observateur eux-mêmes démultipliés. Ainsi qu’un papillon. Une Présence. Une Absence. Une Forêt de symboles qui a émergé d’une matière sans nom et que l’artiste à transformée en chose, en sculpture, en signe, en énergie, en instrument de survie.
Voici une invitation à nous réunir, mort·e·s et vivant·e·s, à danser malgré tout, à anticiper ce qui vient, à embrasser l’inconnu, à nous métamorphoser sans fin.
Commissaire : Ji-Yoon Han